Je suis né à Avignon le 9 août 1973, Le jour de la saint amour. Mon amour du cinéma vient des moments passés avec mon grand-père paternel Ange Guerrini, un Corse. Mon Papé comme je l’appelait, il m’a donné l’amour du cinéma, l’amour du western. Tous les mardis soir je couchais chez mes grands-parents et je regardais le western de la dernière séance avec mon grand-père. Avec lui également j’allais aussi à la pêche. Du Gros Poisson est un clin d’œil à lui et sa corse natale et tous les merveilleux moments que j’ai passé avec mon Papé. Le goût du cinéma vient aussi de Marcelle, ma maman d’origine italienne. Elle m’emmenait souvent le dimanche au cinéma. J’ai vécu entre Avignon et Orange toute mon enfance et mon adolescence. Arrivé à l’âge de faire des études supérieures, je me suis dit l’école ce n’est pas ton fort. Ton bac, tu l’as eu au bout de la 2ème fois, que vas-tu faire de ta vie ? Tu passes ton temps à regarder des films. Pourquoi tu ne fais pas des études de cinéma. Alors je me suis inscrit à l’Université de Paul Valéry en Isav, on est en 1995. À ce moment-là, j’ai beaucoup fréquenté le ciné-club Jean Vigo de Montpellier et le festival du film méditerranéen et j’y ai construit ma cinéphilie. Pendant le festival, je pouvais voir jusqu’à 5 films par jour. Grâce à ce festival, j’ai pu voir tous les films de Pasolini, de Visconti…etc. Être sélectionné au Festival méditerranéen de Montpellier avec un de mes films , a la même saveur symbolique très forte que tourner un film en Corse. En octobre 1997, n’ayant pas terminé ma Maîtrise, mais impatient de travailler et de me confronter au monde du travail, je suis monté à Paris. Ne connaissant personne dans le cinéma, j’ai tout fait pour m’introduire. Ce monde me faisait tant rêver. Après quelques petits boulots comme coursier, comme distribuer des prospectus à la sortie du métro…j’ai fini par apporter des cafés sur les plateaux…j’ai fait toutes sortes de job sur un plateau de cinéma : régisseur, assistant réalisateur, électro, accessoiriste, figuration…etc Mais mon objectif était de réaliser. Alors en parallèle, j’ai commencé à réaliser des reportages pour la télévision dans des émissions comme Tracks sur Arte, j’avais cette opportunité. https://www.dailymotion.com/video/x11lxz https://www.youtube.com/watch?v=e1kco4Mg0fc https://www.dailymotion.com/video/xezkp2 https://www.dailymotion.com/video/xezm1i https://www.dailymotion.com/video/xb28ek https://www.dailymotion.com/video/xb279h https://www.dailymotion.com/video/xezpgr Réalisé des reportages, c’était déjà réaliser. Mais le plaisir ne dura qu’un laps de temps assez court. Je n’étais pas journaliste et je n’avais pas envie de l’être. Le monde de la télé m’horrifiait. Tourner était toujours agréable mais trouver des sujets n’était pas évident. Je ne gagnais pas ma vie, la concurrence était rude. Mais en parallèle du reportage, je me mis à faire du repérage…De la recherche de décors pour le cinéma… Ceci me correspondait plus et cela fait 20 ans que je gagne ma vie avec cela. Le repérage me permis de me mettre à la photographie, tout en étant au service de réalisateurs, je faisais des photos pour moi et j’exerçais ma créativité. Mettre en pratique sa créativité était bien plus simple que faire des films. Il y avait beaucoup moins d’intermédiaire. Ce qui ne m’a pas empêché de réaliser des courts-métrages : Le premier fut Avant l’heure en 2001. J’ai eu la chance de faire tourner Philippe Nahon. Un grand acteur et un immense monsieur, qui restait à l’écoute des jeunes réalisateurs et qui restait disponible pour mettre son talent au service du court-métrage. Je lui serais éternellement reconnaissance. On tourna 2 jours en janvier, il avait la grippe, on était dans un décor, où il n’y avait pas de chauffage. Mais chaque fois que le moteur était lancé. Il y avait de la magie chez lui. Ce premier film reste un grand souvenir. Mais une fois le film fini, Avant l’heure est resté dans un tiroir. Producteur véreux, erreur de débutant. Ensuite, il y a eu un film en 2004 qui n’a jamais été monté. On était deux réalisateurs. Une coréalisatrice dont je tairais le nom. Notre film aurait pu être le scénario de ça tourne à Manhattan 2, Le titre était la Free du samedi soir, on a enchaîné toutes les galères possibles et imaginables, jusqu’à s’engueuler et jamais monter le film. Je me dis encore : un jour, je monterai ce film. 2 échecs, je me suis dit : « Bon tu n’es pas fait pour être réalisateur. » Mais l’envie de faire du cinéma était plus forte que tout. 2012, je réalise un magnifique film : Main de Gauche. Je le revoie toujours avec beaucoup d’émotion. Ce film se tourna en un jour en juin. Mais je reviens de loin. C’était un printemps très pluvieux. On devait le tourner en mai, deux jours avant on annula, il pleuvait comme vache qui pisse. C’est toujours délicat de reporter le tournage d’un court. On se dit, on va perdre tout l’équipe. Mais on n’avait pas le choix. Donc on reporta le film un mois plus tard. Un jour avant le tournage, je devais aller répéter avec mon comédien principal. J’étais pressé, à toute berzingue sur mon scooter et là sur le périphérique parisien, je heurte une voiture. Catastrophe ! Je suis sonné, j’ai mal à l’épaule, mon scooter est en vrac. Les pompiers arrivent. Ils veulent m’embarquer avec eux. J’ai mal à l’épaule gauche. Qu’est-ce qu’il faut comprendre, j’étais en train de préparer un film dont le titre est Main de gauche. Oui j’ai mal à l’épaule, mais mon os ne sort pas de l’épaule, je n’ai pas de plaie et je ne suis pas enflé. À la surprise des pompiers qui me prennent pour un inconscient, je ne veux pas partir avec. Mon scooter a la fourche de direction tordu, mais il roule toujours. Je dois aller répéter avec mon comédien, c’est mon objectif. J’ai déjà reporté le tournage une fois. Si je pars avec les pompiers et on va peut-être découvrir quelque chose de grave, voilà ce que je me suis dit, je ne ferais pas ce film. Conclusion, je suis reparti avec une épaule gauche endolori, la fourche de mon scooter tordu. On a pu répéter, le jour suivant on a tourné, il faisait un splendide soleil. C’était vraiment un merveilleux tournage. Le jour encore suivant, je suis allé faire un scanner et j’avais une fracture de la tête de l’humérus. J’ai fait ce film, j’ai fait le film que je voulais, mais à la fin de la post-production le producteur m’a dit, je ferme la boîte. Décidément, il y a quelqu’un là-haut qui ne veut pas que je sois réalisateur. J’ai réussi à faire quelques festivals, mais je n’ai pas gagné de prix, j’étais très déçu. Tant pis, on fera mieux le film suivant. En 2017, je me suis attelé à un court que j’aurais appelé Formica. Je suis reparti avec un autre producteur pendant un an pour faire exister ce projet. Et finalement on s’est séparé et le film n’a pas vu le jour. Je sentais que Formica n’allait pas se faire alors j’ai su rebondir avec Du Gros poisson, un film que je voulais faire en région Paca. L’idée de départ, je voulais le faire sur le lac de Saint Croix. C’est sur ce lac où j’allais pêcher avec mon grand-père. J’avais déjà essayé de lancer ce projet en 2010. Mais cela n’avait pas marché. Mais au moment où Formica n’allait pas se faire, j’ai eu l’opportunité de faire Du Gros poisson en Corse. Je ne pouvais pas laisser passer cette occasion. La famille de mon grand-père avait dû quitter la Corse de manière assez dramatique. Je me suis dit, je dois faire ce film en Corse. Je voulais renouer avec la corse à ma manière. C’était d’une importance capitale pour ma mythologie. J’ai donc tourné ce film en juin 2019, sur le Lac de Tolla, près d’Ajaccio. Je vous raconterai toutes les péripéties de ce film, seulement si vous me sélectionnez… ;)